« Notre maison brûle, et nous regardons ailleurs ». Tout le monde a retenu ces mots prononcés le 2 septembre 2002, au cours du sommet de l’ONU à Johannesburg, sur la thématique du développement durable. Ce jour-là, Jacques Chirac s’est adressé au monde entier avec une certaine franchise « Prenons garde à ce que le XXIe siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie »

On se souvient de cette déclaration clairement engagée envers l’écologie, mais qu’en est-il du bilan global ?

Le soutien du président envers Dominique Voynet

Dominique Voynet, membre des Verts, avait déclaré quelques mois plus tôt en tant que ministre d’Ecologie de l’époque : « Après ce discours fort, regardons les actes : le gouvernement a-t-il réussi à changer la trajectoire du Titanic ? La réponse est non ».

L’ancien ministre se souvient notamment du soutien du président à son encontre à ce moment précis. En effet, suite à l’échec de la conférence de l’ONU sur la thématique du réchauffement climatique en 2000, au Pays-Bas, à La Haye, le ministre raconte que « Le négociateur anglais expliquait que c’était à cause de moi. J’ai demandé au Premier ministre, Lionel Jospin, de réagir, il tergiversait. Je suis sortie un peu agacée de son bureau, et là je découvre que Chirac avait fait un communiqué. Sans avoir à le demander, j’ai eu plus de soutien de la part d’un adversaire politique que de mon propre camp… ».

La confrontation avec les écologistes en 1995, dans le cadre de la reprise des essais nucléaires

Au cours de l’année 2005, Jacques Chirac arrivera à imposer l’adoption de la charte de l’environnement par le Congrès. Comme l’a déclaré Corinne Lepage à l’époque : « Cette charte, il l’a imposée contre son parti ». En ajoutant « J’ai rencontré des responsables de l’UMP qui éructaient contre ce texte en disant que Chirac s’était fait marabouter par son très bon ami Hulot. »

Pourtant, en 1995, en arrivant à l’Elysée, Jacques Chirac s’est directement mis à dos les écologistes en redémarrant les essais nucléaires au cœur du Pacifique. Cependant, Corinne Lepage précise tout de même que c’est une prise position qui est « à mettre du côté du passif. Il était très pronucléaire et pas du tout porté sur les énergies renouvelables. Mais il a tout de même sanctuarisé la loi sur le littoral, alors que beaucoup d’élus ne rêvaient que de couler davantage de béton ».