Mardi 14 juillet, Emmanuel Macron a demandé que la lutte contre le réchauffement climatique soit inscrite dans la Constitution dès que possible, une demande formulée par la Convention civile sur le climat. Dans le même temps, le président a promis d’allouer près de 15 milliards d’euros pour le nouveau financement des programmes environnementaux.

Certains experts attribuent cela à une tentative de « verdir » l’agenda politique après l’échec du parti présidentiel aux élections municipales, mais les problèmes sont bien plus profonds qu’une simple course électorale.

Les thèses de Macron

Les propositions environnementales sont venues de la Convention citoyenne sur le climat, une organisation créée immédiatement après les protestations des gilets jaunes. Macron a rencontré les membres de la CCC le 29 juin, au lendemain de l’échec des élections. Lors de cette réunion, les représentants de l’organisation ont offert à Macron 149 points de la convention environnementale.

En conséquence, 146 ont été acceptés et trois ont été rejetés : une taxe sur les dividendes de 4%, la réduction de la vitesse à 110 km/h sur les autoroutes et l’introduction de la protection de l’environnement comme préambule à la Constitution.

Elections vertes

Macron a brusquement changé l’ordre du jour pour un ordre du jour super-écologique immédiatement après que son parti En Marche ait échoué aux élections municipales (au second tour reporté). Lyon, Strasbourg et Bordeaux ; Besançon, Poitiers et Tours seront toutes « vertes » par le vote. Même Marseille, qui est une ville plus « conservatrice » depuis des décennies. L’alliance de gauche a fait venir à la mairie de Marseille Michel Rubirola, candidat du parti écologiste de l’Europe, le Parti vert français.

Les résultats de l’élection ont confirmé que les « Verts » ont renforcé leurs positions, contrairement aux macronistes. Le chef du parti socialiste, Olivier For, s’est même déclaré prêt à soutenir le candidat qui représente le bloc socio-écologique aux élections présidentielles de 2022.

Les socialistes marchent également sur les talons des macronistes : Anna Hidalgo, maire de Paris issue du parti socialiste, a été réélue après avoir facilement battu Rashida Dati des Républicains et la candidate macroniste Agnes Buzyn, ancienne ministre de la santé.

Cependant, certains experts estiment que le « verdissement » de la France n’est pas une tendance populiste, car la bourgeoisie moyenne de ces villes a plutôt voté contre le parti principal en faveur des acteurs politiques. Autrement dit, si vous demandez à un Français qui a moins d’argent ce qu’il pense de l’écologisation, il est plus probable qu’il ne s’intéresse pas à ce sujet, se concentrant sur la survie avec des taxes étouffantes. Mais l’électorat bourgeois de la ville n’est pas aussi stable dans ses décisions électorales, le choix est plutôt situationnel, donc la prochaine fois, ils pourront voter pour quelqu’un d’autre.